Ce livre de Laurent Alexandre et Olivier Babeau Ne Faites plus d’Études m’a beaucoup plu parce qu’il touche directement à quelque chose que je défends depuis longtemps : l’excellence se construit, elle n’a rien d’innée.
Anders Ericsson l’a démontré dans Peak — c’est la pratique délibérée qui fait les meilleurs, pas les gènes ni le diplôme. Laurent Alexandre et Olivier Babeau arrivent au même constat, mais avec une urgence différente : le monde a basculé, et nos institutions n’ont pas encore compris.
Je vous préviens d’emblée : le livre n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il se répète souvent. Mais à force, le message rentre et fait même un peu peur… (pas qu’un peu…)
Bref, « Ne faites plus d’études » est l’un de ces livres qu’on lit vite mais qui reste longtemps en mémoire parce qu’il dérange. Voici ce que j’en retiens.
L’université enseigne pour un monde qui n’existe plus
L’enseignement supérieur a été conçu pour un monde où le savoir était rare et le professeur en était le gardien naturel.
Ce monde-là est mort. En 2026, une IA généraliste dépasse n’importe quel enseignant en accès, en vitesse et en disponibilité — sans campus, sans horaires, sans vacances.
Ce n’est pas un problème pédagogique. C’est un problème de vitesse.
« Étudier puis travailler » : ce modèle est mort
Les gens de ma génération ont grandi avec un schéma simple : tu étudies, tu décroches ton diplôme, tu travailles. Ce schéma ne tient plus. Les compétences deviennent obsolètes plus vite qu’on ne les acquiert, les métiers se transforment en permanence et attendre une réforme du système pour s’adapter, c’est déjà perdre.
La trajectoire gagnante devient l’apprentissage continu : vite, tout le temps, sans attendre d’y être contraint.
C’est un choix personnel et urgent !
Le grand remplacement est cognitif
Ce qui se joue, ce n’est pas culturel. C’est cognitif. Des « travailleurs » hypercompétents et infatigables arrivent… Sans charges sociales, sans RTT, sans mauvaise humeur contagieuse…
Une expertise construite en dix ans peut se dévaloriser en un trimestre. Les tâches séquentielles et balisées tombent en premier. Ce qui résiste encore (mais pour combien de temps) : l’ambiguïté, le lien humain, l’audace. (Tout ce qu’un bon commercial maîtrise quand il est vraiment bon).
L’outil augmente, mais dans les deux sens
L’IA augmente la productivité, oui. Mais elle peut aussi réduire la charge cognitive utile à l’apprentissage. Si vous laissez la machine penser à votre place, vous n’apprenez plus. Et si vous n’apprenez plus, vous devenez dépendant.
L’IA est un amplificateur : elle renforce les forts et rend les faibles dépendants.
Ce n’est pas une menace abstraite. C’est une décision que chacun prend, tous les jours, dans sa façon d’utiliser les outils à disposition.
Ce que je retiens de « Ne faites plus d’études » : devenir sa propre startup cognitive
Les auteurs finissent par une conclusion que j’ai trouvée très proche de ce que je dis aux commerciaux dans mes conférences.
Notre seule chance est de devenir un individu qui apprend en permanence. Pas un consommateur passif d’outils. Un apprenant actif, qui construit des preuves de compétence réelles, qui dialogue avec les machines au lieu de les subir, et qui développe ce que la machine ne réplique pas bien — le réseau, l’influence, la présence.
Si vous managez une équipe commerciale ou que vous formez des vendeurs, ce livre vous donnera des idées de messages à diffuser pour les pousser à s’augmenter tous les jours
Allez, bonne lecture à tous et apprenez quelque chose de nouveau tous les jours !
