Ma dernière bonne lecture : Méditer jour après jour

Quel beau livre !

Livre beau dans tous les sens du terme, sur le fond et sur la forme. Vraiment un régal.

Méditer, Jour Après Jour + CD MP3

C’est un livre à lire et à relire pour se protéger du tumulte, pas le nier ni le refuser, mais savoir s’en extraire régulièrement pour consever son cap, sa sérénité, sa santé mentale… et tout cela grâce aux vertus de la pleine conscience.

 

L’éveil des sens de Jon Kabat-Zinn m’avait initié aux vertus de la méditation. Superbe ouvrage aussi mais un peu long et plus difficile à lire.

L’intérêt de l’ouvrage de Christophe André est d’être construit autour de 25 leçons. Chaque leçon débute par le commentaire inspiré d’un superbe tableau et se poursuit par quelques pages de messages sur le thème de la leçon en question.

Peu de pages sur chaque leçon, mais beaucoup de densité.

Vraiment, je vous le conseille. Lire ou relire une leçon le matin avant de plonger dans le tourbillon d’activités quotidiennes que nous connaissons tous ne peut être que salutaire. Et puis si lire ne vous suffit pas, vous disposerez également d’un CD.

 

Quelques idées et concepts clés parmi d’autres

Méditer, c’est s’arrêter. S’arrêter de faire, de remuer, de s’agiter. Se mettre un peu en retrait, se tenir à l’écart du monde.

Nous avons besoin du passé et du futur, besoin de souvenirs et de projets. Mais nous avons aussi besoin du présent. Le passé importe, le futur importe. La philosophie de l’instant présent, ce n’est pas dire qu’il est supérieur au passé ou au futur. Juste qu’il est plus fragile, que c’est lui qu’il faut protéger, lui qui disparaît de notre conscience dès que nous sommes bousculés, affairés. C’est à lui qu’il faut donner de l’espace pour exister.

Quand on fait du bien à son corps, on fait du bien à son esprit. Activité physique, détente et relaxation, mais aussi sourires, postures droites et dignes retentissent sur notre mental.

Ce que nous appelons penser ou réfléchir, ce n’est pas produire des pensées (ce mouvement existe en dehors de notre volonté ou de notre intervention) mais trier ses pensées, les organiser, les hiérarchiser, essayer de se focaliser sur quelques-unes, de les développer, tout en essayant d’en écarter d’autres. Voilà pourquoi il est vain d’espérer que la méditation nous conduise rapidement et sur commande à une sorte de silence de l’esprit, à une absence de pensées. Matthieu Ricard compare, dans la tradition bouddhiste, le flot de nos pensées à une troupe de singes qui s’agitent et qui piaillent sans cesse, sautant d’une branche à une autre, toujours en mouvement. Ce mouvement est impossible à stopper, difficile à contrôler. Dans la pleine conscience, nous renonçons à vouloir arrêter ou fuir le flot de nos pensées, et choisir plutôt de l’observer. En faisant une sorte de pas de côté : penser et se voir penser.

Les pensées ne sont pas un problème, le problème, c’est de ne pas être conscient de la dispersion, de l’agitation mentale, et surtout de la confusion (entre pensée et réalité) et de l’adhésion (prendre toutes ces pensées au sérieux). le problème, ce n’est pas tant le contenu ou le mouvement des pensées, que le rapport que nous avons avec elles. Ne pas vouloir les empêcher, ne pas chercher à les chasser, donc. Mais ne pas non plus les suivre, leur obéir, se résigner à les subir. Les accueillir et les observer dans le cadre d’une conscience élargie et simplement cesser de les nourrir. En pleine conscience, c’est nous qui décidons si nous suivons nos pensées – pourquoi pas ? – ou si nous choisissons autre chose. Peu à peu, la différence entre « penser quelque chose » et « s’apercevoir que l’on pense quelque chose » deviendra une évidence. C’est ce qu’on appelle la lucidité, et ça nécessite un travail régulier.

Ce qui est agréable, mieux vaut le savourer, en pleine conscience, que s’inquiéter de sa disparition future. C’est l’inquiétude du bonheur que tant d’anxieux et de déprimés ont du mal à surmonter.

Le disque dur de notre conscience est encombré de trop de choses inutiles. Aujourd’hui, nous sommes énormément sollicités, si bien que notre mental n’est jamais en paix. On arrive pas à avoir de pensées longues. Nos pensées sont courtes. Nos pensées sont courtes parce que nous sommes très souvent interrompus. Nos pensées sont courtes et pas toujours tournées vers le dedans, mais comme enfermées dehors par le tumulte et le chatoiement de ce monde factice. La surabondance n’a rien à voir avec la fertilité. Nos esprits perdent leur fécondité à trop se laisser remplir par les vides des tapages extérieurs…

Comme la sédentarité de nos sociétés modernes à créé dans nos corps le besoin de sport, la sur-sollicitation éveille dans nos esprits le besoin de méditation. La pleine conscience peut nous aider à nous rapprocher de ces besoins fondamentaux : lenteur, calme, continuité. Satisfaire ses besoins et une démarche importante. Pas urgente, mais importante. pour faire la chasse à tous ces automatismes consistant à allumer sans y penser la radio, la télé, l’ordinateur ; préserver jalousement des plages de continuité pour notre esprit (ne pas sans arrêt se laisser déranger ou interrompre par le téléphone et les messages Internet)  ; considérer que le calme et le silence sont des nourritures indispensables lorsqu’on est un citadin actif, et que s’en priver trop longtemps nous rend tout doucement malades.

Libérons et densifions nos actes, pour leur permettre de n’être « rien que » ce qu’is sont : rien que manger (sans lire ni écouter la radio), rien que marcher (sans téléphoner, sans anticiper, sans réfléchir), rien qu’écouter (sans préparer ses réponses ni juger ce qu’on nous dit). Malgré les apparences, le « rien que » est suprêmement difficile: nous vous avons souvent la tentation de faire plusieurs choses en même temps. Pourquoi ces efforts ? Pourquoi renoncer, finalement, à vivre deux vie au lieu d’une, à faire à chaque instant deux choses plutôt qu’une ? Parce qu’à vouloir vivre deux fois plus, on risque juste de vivre deux fois moins, car deux fois plus mal ; deux fois plus triste, deux fois plus énervé, deux fois plus creux, deux fois plus vain. Pour cela il faut apprendre à se désobéir. À désobéir aux impulsions. Nous pourrions facilement mourir sans avoir vécu, après avoir passé toute notre vie à faire les choses à faire.

Un autre bénéfice de la pleine conscience est l’apaisement, fort utile, lui aussi, à l’intelligence. L’intelligence des énervés et des passionnés est sujette à des obscurcissements étonnants. Leurs émotions leur donnent certes de la force et de l’énergie mais altèrent évidemment leur lucidité, et imposent à leur clairvoyance des éclipses incroyables et récurrentes. Le tumulte et le désordre de notre esprit diminue notre libre arbitre, le rendent esclave de nos émotions, c’est à dire des circonstances.

L’acceptation, c’est le degré supérieur du lâcher prise. Car elle est, plus qu’un comportement, une décisions existentielles et une philosophie de vie, une attitude durable et réfléchie devant le monde et le cours de nos jours. Dans le lâcher prise, il y a la notion de renoncement : on arrête de se débattre. Dans l’acceptation, il y a une intention de rester présent dans l’action, mais différemment : dans la lucidité et le calme. À chaque chose qui advient, on commence par dire : « oui c’est là,  c’est déjà là,  alors oui ». C’est l’accueil sincère et complet du réel tel qu’il se présente à nous. Une fois maîtrisée cette attitude psychologique devient une seconde nature : Vous n’avez pas à accepter les choses : elles sont déjà là. Il n’y a alors plus lieu de faire des efforts d’acceptation : elle est devenue une capacité intérieure discrète et silencieuse et nous nous sentons bien plus forts ainsi. accepter ce qui est rend plus calme et plus intelligent. Et donc plus capable de changer ce qui doit l’être. Tous nos petits agacements quotidiens sont de merveilleuses occasions de travailler l’acceptation . Tu es dérangé, contrarié, abattu?  D’abord, respire et prends conscience de tout ce qui est là : la situation et son impact sur toi. Constate ensuite que c’est déjà là. Impossible d’effacer ? Alors accepte. Enfin, vois ce qu’il y a lieu de faire de penser.

Pourquoi vouloir commencer par changer le problème ? Et si parfois nous commencions par changer notre réaction au problème ?

Sans conscience, pas de bonheur. Sans conscience du présent, nous regretterons les bonheurs passés que nous n’avons pas su vivre. la pleine conscience peut nous aider à savourer plus intensément encore la multitude de propositions de bonheur que nous offrent nos journées. Si nous les traversons avec l’esprit ailleurs, nous ne verrons rien et ne ressentirons rien. Si régulièrement nous ouvrons notre esprit et notre conscience à tous ce qui nous entourent, sans le chercher, nous les verrons. Nous sommes des intermittents du bonheur, et ce dernier ne fera, tout au long de notre vie, qu’apparaître et disparaître. L’enjeu n’est pas de s’accrocher pour le retenir, de s’inquiéter et ou de s’affliger à l’idée de son départ prochain, mais de le savourer, d’accepter ses éclipses et de rester prêt à ses retours, à ses passages, même fugaces. Le choix nous est offert entre être heureux puis ne plus l’être, ou ne jamais s’abandonner à l’être.

Comme le bonheur est indissociable du malheur, comme la vie ne manquera pas de nous confronter au tragique et au désarroi, autant ne pas rêver d’un bonheur parfait et permanent. Mais apprendre à le savourer par petits bouts : lui laisser une place malgré les tracas et les soucis, au milieu d’eux et non une fois qu’il se seront enfuis ou que les problèmes seront réglés. Préserver nos petits bonheurs, même dans l’adversité. Surtout dans l’adversité : c’est là qu’ils sont les plus touchants, les plus magnifiques, les plus indispensables.

Engagement et détachement. la pleine conscience nous aide à nous engager dans les actions qui nous importent. Puis elles nous aident à nous détacher de l’asservissement aux résultats de ses actions.


Méditer, Jour Après Jour + CD MP3

 

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un commentaire pour : “Ma dernière bonne lecture : Méditer jour après jour”

  1. Philippe Pozzi Dimanche 26 février 2012 #

    Très bon livre.

    Arrêtez d’hésiter entre les tranquilisants pour vous calmer et les excitants pour vous booster…

    Et si la solution c’était ça, s’arrêter un instant, se poser, se taire. Etre témoin de ce qui se passe en soi.

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